Historique

Dialogue Nouveau-Brunswick a été créé à l'automne 1989 dans un climat qui menaçait de polariser les membres des communautés francophone et anglophone de la province.  Des opinions radicales se faisaient alors entendre dans des débats souvent virulents sur les avantages du bilinguisme.

Dialogue Nouveau-Brunswick s'est distingué des autres organismes de l'époque en écartant tout objectif politique ou économique.  Le seul objectif ciblé était en effet de permettre aux francophones et aux anglophones de se rassembler afin d'échanger.  Cet objectif n'a jamais changé.

« Le terme dialogue veut tout dire », explique l'auteure Antonine Maillet, première coprésidente de DNB. « Le but était de faire en sorte qu'ils (francophones et anglophones) se retrouvent afin de s'enrichir mutuellement, et surtout de faire en sorte qu'ils regardent dans la même direction. »

La naissance de Dialogue Nouveau-Brunswick remonte à une conférence publique tenue le 23 novembre 1989 à l'initiative du premier ministre de l'époque, Frank McKenna.  M. McKenna avait demandé à l'archevêque de Fredericton, Mgr Harold Nutter, de se joindre à Antonine Maillet pour coprésider l'événement.

Dans un geste audacieux, il a également fait appel à deux anciens premiers ministres, Richard Hatfield et Louis Robichaud. En outre, soixante Néo-Brunswickois de divers horizons, notamment linguistiques, ont été invités à venir parler.

« Nous avons la possibilité de diffuser les tensions linguistiques qui existent dans ce pays et de montrer ainsi la voie », a déclaré M. McKenna à propos de la conférence. « Nous devons miser sur nos forces afin de favoriser la compréhension et l'appréciation entre nos communautés linguistiques. »

Le ministère provincial des Affaires intergouvernementales ainsi que le Secrétariat d'État fédéral avaient parrainé cette conférence.   Cette dernière a abouti à une recommandation, c'est-à-dire créer une commission permanente ayant pour mission de favoriser l'unité des Néo-Brunswickois sous la bannière de Dialogue NB.

Nos premiers coprésidents: Archevêque Harold Nutter et Antonine Maillet.

Réf. Rapport de la conférence Dialogue Nouveau-Brunswick, novembre 1989.

Les réactions ont été bonnes dès le départ.  Le journal provincial, The Telegraph Journal, a été un des premiers acteurs du monde médiatique à appuyer un tel projet en publiant un éditorial élogieux; en voici un passage :

« La tolérance et la froide distance qui règnent entre deux solitudes ne suffisent pas, ni la diplomatie condescendante. Ce qu'il faut, c'est une parole libre et facile entre égaux, la possibilité pour les francophones et les anglophones d'échanger des impressions, des idées et des aspirations... Vivre en bon voisinage et dans la confiance est source d'harmonie.  Sans dialogue et compréhension, ce n'est pas possible. »

Un conseil d'administration bénévole composé de treize membres a tenu sa première réunion en janvier 1990, avec pour coprésidents Larry Batt, de Fredericton, ainsi que Marcel Sormany, d'Edmundston.

Les autres membres fondateurs du conseil d'administration étaient Doris Norman et Barry Toole, de Fredericton; Dollard LeBlanc et Jacqueline Collette, de Moncton; Richard Oland, Irène Grant-Guérette et Linda Forestell, de Saint John; Sue Calhoun, de Shediac; Christine Chiasson, de Caraquet; ainsi que la Dre Susan Purdy, de Sackville.

Au cours de sa première année, DNB a engagé un directeur général et un secrétaire, fixé sa mission, établi ses bureaux dans l'édifice de la Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick, à Fredericton; puis s'est vu constituer comme organisme à but non lucratif en juillet.

Au cours des premiers mois de son existence, DNB a parrainé un concours de logo ainsi qu'un concours de rédaction qui furent à l'époque un important coup médiatique, car il s'agissait de faire travailler ensemble deux journaux concurrents, L'Acadie Nouvelle et The Telegraph Journal, afin qu'ils publient un supplément contenant les créations et compositions des gagnants.

Lentement mais sûrement, DNB a pu voir se concrétiser sa réussite.  En effet, des études ont indiqué qu'entre 1992 et début 1998, le pourcentage des personnes en faveur du bilinguisme au Nouveau-Brunswick était passé de 65 à 73.

Au fil des ans, Dialogue NB a mis en place des programmes variés, comme un programme de correspondance et d'échanges de bandes-vidéo dans les écoles, des visites d'écoles, des forums de la jeunesse, des discussions publiques, ainsi qu'un programme de remise de prix destiné aux Néo-Brunswickois incarnant la coopération linguistique et culturelle. Dialogue NB a également mis en place un programme de bourses d'études visant à inciter les jeunes Néo-Brunswickois à poursuivre leurs études et devenir ainsi les acteurs de demain dans la province.

Entre 1991 et 2006, Dialogue Nouveau-Brunswick a organisé une série de forums dans le but de permettre à des jeunes francophones et anglophones de la province de se rassembler et d'échanger. Le premier de ces forums, qui a eu lieu à l'Institut de Memramcook, du 17 au 19 mai 1991, était coprésidé par Stephen Kuttner, président du NB Youth Council, ainsi que Gino LeBlanc, président de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick.

La conférencière était Aldéa Landry, à l'époque ministre des Affaires intergouvernementales et vice-présidente du comité du Cabinet sur les langues officielles.

Mme Landry a indiqué penser depuis toujours que « l'avenir commence dès maintenant » et que les jeunes de la province ont donc l'énorme responsabilité de le façonner. Elle a déclaré que les tensions issues de la diversité linguistique et culturelle de la province ne signifiaient que l'on ne puisse pas vivre en harmonie,  et que c'était aux jeunes de prouver que c'est possible.

Mme Landry a conclu son allocution en lançant deux défis à la jeunesse :

« Éliminer la méfiance qu'a engendrée un manque de compréhension entre francophones et anglophones, ainsi qu'apprendre une deuxième langue, non seulement pour son épanouissement personnel, mais également pour pouvoir communiquer. »

Dans les forums organisés par la suite, les jeunes se sont rencontrés pendant tout un week-end afin de pouvoir échanger sur de nombreux aspects de la vie au Nouveau-Brunswick.

Parallèlement, Dialogue NB est allé vers les Néo-Brunswickois grâce à des publicités innovantes.

En effet, en 1994, une première campagne télévisée est lancée dans le but de promouvoir le respect et la compréhension entre les deux communautés linguistiques de la province, avec pour thème « Dialogue Nouveau-Brunswick, tant à partager » et la publicité télévisée « Bus Depot » produite par David Peterson.

En avril 1996, Charles Thériault, cinéaste originaire de Bathurst, filme une annonce publicitaire de trente secondes à Beresford. Diffusée la première fois à la télévision de Radio-Canada, le scénario est simple : une mère et son enfant entrent dans une petite épicerie pour demander des directions. La maman ne parle pas français, mais son enfant, qui a suivi un programme d'immersion, peut se faire comprendre.

En 1997, Dialogue NB lance une importante campagne publicitaire de cinq semaines mettant en vedette deux personnes connues au Nouveau-Brunswick,  Roland Gauvin, chanteur compositeur acadien, et Marianne Limpert, médaillée d'argent olympique.

D'autres annonces ont été diffusées, dont celles sur un grand-père et une équipe de sport.

En 1992, une campagne provinciale multimédia visant à favoriser l’harmonie, le respect mutuel et la compréhension est lancée sous le thème « Nouveau-Brunswick, là vous parlez. » Cette campagne porte sur les attitudes positives de citoyens ordinaires.

Deux conférences provinciales et trois conférences régionales sur la langue et la culture ont eu lieu à Bathurst, Fredericton, Campbellton, Moncton et Grand-Sault, respectivement. Ces conférences ont permis aux participants d'échanger des idées et des points de vue ainsi que d'examiner la possibilité de créer des partenariats entre les différentes communautés culturelles et linguistiques.

Dialogue Nouveau-Brunswick parraine depuis 1993 un programme de correspondance intitulé « My Friend-Mon ami(e) » à l'intention des élèves de la première à la neuvième année.

 En 1995, l'organisme participe à la traduction de L'Acadie des Maritimes en collaboration avec le Centre d'études acadiennes de l'Université de Moncton. Cette même année, l'organisme s'associe au Atlantic Human Rights Center pour organiser une conférence provinciale dans le cadre de l'Année des Nations Unies pour la tolérance.

Il prend de plus part à la conception d'un musée virtuel avec le gouvernement provincial.

Un programme d’échange entre classes francophones et anglophones est offert dans la province de 1998 à 2002. Quelque 500 élèves y participent.

En 1999, Dialogue, NBTel et le Centre communautaire Samuel-de-Champlain parrainent conjointement une conférence des chefs d’entreprise à Saint John.

Pour souligner le 10e anniversaire de Dialogue Nouveau-Brunswick, une exposition d’art itinérante est organisée en collaboration avec le Musée du Nouveau-Brunswick entre 1999 et 2001; plus de 8 000 personnes la visitent. Pendant la même période, l'organisme tient une conférence provinciale à Bathurst et organise un gala avec des artistes francophones, anglophones et autochtones.

Lors des Jeux d’hiver du Canada Bathurst-Campbellton en 2003, Dialogue organise une exposition d’art ayant pour thème « Esprit Nouveau-Brunswick » et présentant les travaux de jeunes artistes. Les œuvres choisies sont remises à des athlètes de chaque province et territoire.

En 2003, Dialogue Nouveau-Brunswick crée le Prix Dialogue du lieutenant-gouverneur. Ce prix prestigieux est présenté annuellement en partenariat avec le bureau du lieutenant-gouverneur de la province du Nouveau-Brunswick.

En mars 2006, 28 jeunes de la région de Grand-Sault se rencontrent lors de la conférence régionale jeunesse intitulée « Cultiver des relations ».  Les participants, âgés de 14 à 18 ans, ont alors l’occasion d’interagir et de collaborer en matière de langues.

En 2007, Dialogue réalise une série d'histoires au sujet de champions de l'harmonie linguistique et culturelle au Nouveau-Brunswick

Le premier programme « Ambassadeur » de Dialogue Nouveau-Brunswick est mis sur pied en juin de la même année. Dans le cadre de l’échange qui a lieu en 2007 entre Saint John et la Péninsule acadienne, les 65 premiers ambassadeurs sont recrutés.

En 2009, les 60 nouveaux ambassadeurs sont répartis dans le comté de Charlotte et la région d’Edmundston. Ce programme vise à favoriser la compréhension, le respect et l’appréciation entre les Néo-Brunswickois d’expression française et anglaise.

En 2009, Dialogue Nouveau-Brunswick coordonne une série d’activités afin de souligner le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick. Sont organisés un forum jeunesse ainsi qu'une exposition itinérante intitulée « La communication par les arts », un forum sur le journalisme et les langues officielles intitulé « Les deux langues à la une », une étude sur les avantages socio-économiques du bilinguisme intitulée « 40 ans de bilinguisme officiel au Nouveau-Brunswick : un regard sur l'impact social et économique de la Loi sur les langues officielles », un rallye de recherche pour les élèves intitulé « Deux langues, une province : 40 ans de bilinguisme officiel »,  une pièce de théâtre intitulée « Parlez Games », ainsi qu'un documentaire au sujet de la création de cette pièce.

Le plan stratégique le plus récent de l'organisme a été élaboré dans la foulée d'un Café mondial portant sur deux questions centrales :

  • que signifie l'harmonie linguistique pour moi et à quoi cela ressemblerait-il dans un monde parfait? Et...
  • Comment Dialogue Nouveau-Brunswick peut-il favoriser le dialogue dans l'avenir?

À la suite de cette tournée, le conseil d'administration a adopté un plan stratégique mettant l'accent sur deux éléments clés : la visibilité et les partenariats.

En 2013, Dialogue Nouveau-Brunswick lance une campagne multimédia provinciale pour promouvoir l'harmonie linguistique et culturelle, avec pour thème « Je crois au dialogue ». Cette campagne porte sur les avantages que procure la présence de deux communautés linguistiques dynamiques en tant qu'éléments sociaux, culturels et économiques essentiels de l'identité et du patrimoine du Nouveau-Brunswick.

Cette même année, la marque de Dialogue NB est renouvelée et le conseil d'administration adopte un nouveau logo.

L'année 2014 s'annonce passionnante.  En effet, l'organisme fêtera son 25e anniversaire le 22 novembre avec divers événements et activités. 

Beaucoup de choses ont eu lieu au cours des vingt-cinq dernières années, et Dialogue Nouveau-Brunswick se réjouit à l'idée de poursuivre son travail afin de faire progresser l'harmonie entre les communautés linguistiques de la province. 

Tout l'monde a un rôle à jouer

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